Le PHOTOGRAPHE TROUBADOUR

 

http://www.ladepeche.fr/images/icones/puce.gif); background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: transparent; background-position: 0px 50%; background-repeat: no-repeat no-repeat;">PUBLIÉ LE 19/02/2011 12:08 | JOHANNA DECORSE

Claude Nori, photographe troubadour

photographie

D'origine toulousaine, Claude Nori y fera son retour en juin prochain à l'occasion d'une exposition à la Galerie du Château d'eau./Photo Isabelle Nori

D'origine toulousaine, Claude Nori y fera son retour en juin prochain à l'occasion d'une exposition à la Galerie du Château d'eau./Photo Isabelle Nori
D'origine toulousaine, Claude Nori y fera son retour en juin prochain à l'occasion d'une exposition à la Galerie du Château d'eau./Photo Isabelle Nori

A l'origine des éditions Contrejour qui jouèrent un rôle déterminant dans la diffusion de la nouvelle photographie dans les années 1970, Claude Nori poursuit depuis trente ans sa quête « photobiographique » autour du flirt de l'adolescence, de l'Italie et du bonheur.

Né à Toulouse en 1949, Claude Nori y fera son retour en juin prochain pour une exposition au Château d'Eau. Intitulée « La géométrie du flirt », cette rétrospective originale d'une partie de son travail photographique investira pour trois mois la célèbre galerie créée par Jean Dieuzaide. Si la rencontre avec ce maître de la photographie humaniste a compté dans la carrière de l'artiste toulousain, c'est surtout la place de La Trinité où ses parents, émigrés italiens, ont longtemps tenu une épicerie puis un restaurant, qui a marqué l'œil du photographe. « Tous les Italiens de la région venaient se ravitailler chez mes parents. Plus tard, dans leur restaurant, le Vérone, ils recevaient les chanteurs de la Scala à l'occasion de leur passage au Capitole. J'ai grandi dans une ambiance heureuse, dans la fraternité et l'ouverture au monde », raconte le photographe. Claude Nori n'a pas repris l'affaire familiale mais il a tout au long de sa carrière célébré l'amour et le bonheur auxquels il a goûté dès l'enfance. Après un stage aux Cahiers du Cinéma et deux mois au Conservatoire indépendant du cinéma français à Paris, Claude Nori retrouve la Ville rose et rencontre la photographie. « Mon ami Patrick Chapuis s'était fabriqué un petit laboratoire. Il faisait ses propres tirages pendant que sa grand-mère, à côté, cuisinait la soupe au chou. Les odeurs du révélateur et de la soupe, comme la passion de la photographie et de la cuisine, ne m'ont plus quitté ».

En 1971, les deux jeunes photographes dévoilent à la Faourette une série d'images très personnelles, d'inspiration surréaliste, qui seront publiées dans la revue Photographie nouvelle. Cette première consécration va accélérer le retour de l'artiste toulousain en 1974 à Paris, rue Daguerre. Une adresse prédestinée. La rencontre avec Agnès Varda qui habite son quartier, va élargir le champ de vision de Claude Nori. La réalisatrice de la Nouvelle vague lui confie une série de portraits de jeunes actrices et signe la préface de son premier ouvrage « Lunettes » qu'il diffusera en créant avec d'autres la maison d'édition et galerie Contrejour. Devenue le lieu de rencontre et de diffusion de la nouvelle photographie, Contrejour publie la plupart des premiers livres d'auteurs photographes comme Guy le Querrec, Pierre et Gilles, Jeanloup Sieff ou encore Edouard Boubat et Willy Ronis. Véritable agitateur, à l'origine de la revue Caméra International, des Cahiers de la photographie, du manifeste photo biographique et plus tard du festival « Biarritz-Terre d'images » au Pays Basque où il réside aujourd'hui, Claude Nori poursuit en parallèle son travail personnel. De livre en livre, « Stromboli » en 1991, « Fugues toulousaines » en 1997, « Un été italien » en 2002 ou encore « Passion al dente » en 2010, le photographe met en image sa propre vie, « chante en troubadour l'amour, l'adolescence, la nostalgie », immortalise des visages, souvent de femmes, des couples qui s'aiment dans les grands théâtres du néoréalisme italien. « Aux côtés d'Edouard Boubat, j'ai compris que la photographie c'était aussi simple que cela, aller vers quelqu'un que l'on ne connaît pas pour un échange consenti le temps d'une image. Cette personne vous donne un sourire, un regard. C'est une rencontre éphémère qui a quelque chose à voir avec le flirt », explique Claude Nori qui a fait de son Nikkormat équipé d'un 50mn, « un entremetteur ». C'est cet espace d'intimité que donnera à voir en juin « La géométrie du flirt » au Château d'Eau. Cet hommage se prolongera lors des Rencontres d'Arles de l'été 2012 avec une évocation du collectif Contre-jour et en septembre 2012 à la Maison européenne de la photographie à Paris pour une rétrospective inédite du travail du photographe.