A Sanary la photo méditerranéenne fait la fête.

2011-06-05

 

 

Un nouveau festival de photo vient de naître à Sanary, un petit port varois à quelques encablures de Toulon. Décidément le soleil de la cote méditerranéenne que partagent Arles, Montpellier, Perpignan ou Sète semble idéal pour accrocher la photographie. Et avec sa thématique dédiée à la Méditerranée, Photo’Med ne pouvait rêver d’un meilleur ancrage aux propositions choisies par Jean-Luc Monterosso qui nous convie à de magnifiques escales sur les rives de la grande bleue. Pour sa première traversée le festival nous emmène en Turquie. Embarquement. 

 

 

 

La traversée sera douce, Photo’Med réserve les printemps arabes du jasmin tunisien au plomb libyen à son grand-frère, Visa pour l’Image. À Sanary, le directeur de la Maison Européenne de la Photographie nous conte les mythologies modernes, celles qui sont nées avec l’invention de la photographie. L’actualité est bien celle des découvertes nombreuses et passionnantes au fil des ruelles ou encore, des échanges de regards surprenants qui prennent ici une portée universelle.  À croiser les points de vues que les frontières semblent séparer, le festival  est redoutablement efficace. Évitant tous les écueils de rapprochements politico-touristiques convenus et ennuyeux, la programmation réussie nous invite à de formidables voyages. 

Une saison turque 

 

La grande traversée suit les traces de Michel Pacha, un natif de Sanary, vers les images phares de l’empire ottoman issues de la collection de Pierre de Gigord; elle se poursuit dans l’Istanbul d’Ara Güller à celle du jeune Ali Taptik. Au passage Laurence Cornet dynamite l’absence de vision que l’on peut avoir sur la jeune photographie turque. Présentant un étonnant laboratoire éclectique, fonctionnant aux seules références de l’humour et de l’invention débridée, la jeune commissaire française inscrit avec force la saison turque dans un courant contemporain. 

 

Claude Nori 

 

Aux cartes postales caustiques de Martin Parr que s’échangent tous les bons festivals de la planète, s’oppose une autre vision de la plage. L’invitation et l’hommage à Claude Nori à travers deux expositions est un deuxième point marquant de la première édition de Photo’Med. Sans aucune mièvrerie, Nori a réalisé tous les clichés du bonheur, l’insouciance de nos mémoires cinématographiques ou balnéaires. Images de l’innocence où la photographie l’était aussi. Oui ces noirs et blancs certes d’une époque révolue, trop bétonnée, nous reviennent essentiels. Rien de passéiste. Comme aux premiers instant de Contrejour sa maison d’édition mythique la magie des vacances italienne est intacte. Même l’accrochage de Stromboli tout juste sortis de caisses oubliées, sauf de Jean-Luc Monterosso, montre la distance avec la photographie américaine. Le marché semble être passé à coté d’un grand auteur français, trop sensible pour avoir la cote. De l’autre coté de l’Atlantique ce serait une star. Photo’Med remet les regards dans le bon sens. Alors prenez le bateau pour les îles pour saluer l’ami Nori. 

La grande découverte du festival de Sanary est que la notion de festival y a été réinventée avec brio ! Quittant les thématiques photographiques classiques (le reportage, l’art…), en introduisant la notion de territoires réels, ce festival s’inscrit dans la modernité photographique où les champs n’ont plus besoin d’être définis. Artiste, auteur ou reporter, tous les photographes y sont bienvenus. Dans ce sens  Photo’Med s’inscrit dans les positionnements géographiques des autres jeunes festivals modernes.

Un bonheur écrit à plusieurs mains talentueuses et passionnées qui devrait très rapidement rencontrer le succès. 

Festival : Photo Med 2011

Festival de la Photographie Méditerranéenne

Du vendredi 27 mai 2011 au dimanche 19 juin 2011

PHOTOMED

11, rue Gabriel Péri, Sanary-sur-Mer, France

 

Merci à Didier De Fays pour ce texte et photographie me faisant rougir de bonheur. Sur www.photographie.com